• L’autisme est reconnu en Tunisie comme handicap, depuis 1980. En France, il n’a été reconnu comme tel qu’en 1997
• Le traitement exige 4 médicaments de base. Mais la cnam n’en prend en charge qu’un seul
L’Association
pour la protection des psychotiques et des autistes infantiles (APPAI) a
participé à la célébration de la journée nationale des handicapés,
samedi 29 mai, en organisant sa deuxième Conférence scientifique
annuelle sur ‘’l’autisme et l’épilepsie’’, animée par une élite de
médecins spécialistes.
Comme
nous l’a indiqué le président de l’Association, M. Slaheddine Mzabi, la
manifestation vise à améliorer la qualité de la prise en charge et de
l’éducation des enfants psychotiques et autistes.
Handicap
cognitif sévère et profond, l’autisme est souvent associé à d’autres
maladies et troubles, comme l’épilepsie, qui compliquent davantage
l’éducation et l’apprentissage des élèves autistes dans les Centres
spécialisés. Une crise épileptique de quelques minutes peut annihiler et
détruire tout ce que l’élève autiste a acquis et appris et le ramener
au point de départ.
Intelligence et potentialités
Or,
grâce aux efforts conjugués des éducateurs, des médecins, et des
institutions et associations spécialisées, des progrès considérables ont
été accomplis en Tunisie et dans tous les autres pays du monde,
notamment les pays développés, dans le domaine de la prise en charge et
de l’éducation des enfants autistes. Mais, 30 % des autistes sont
également des épileptiques.
Un
traitement efficace de l’épilepsie nécessite l’utilisation d’un lot de
plusieurs médicaments (4 médicaments en général), mais les Caisses de
l’assurance maladie, en particulier la CNAM, ne remboursent qu’un seul
médicament.
A
cet égard, M. Slaheddine Mzabi, figure connue de l’action associative
en Tunisie et dans le monde, depuis plus de 20 ans, a émis l’espoir que
la sécurité sociale et l’assurance maladie comprendront la situation
particulière des autistes et consentiront le remboursement de tout le
lot de médicaments prescrits.
Les
autistes, nous a-t-il dit, sont des gens intelligents et
n’appartiennent pas à la catégorie des débiles mentaux avec lesquels on
les confondait, à tort, autrefois. Ils possèdent d’importantes
potentialités, peuvent acquérir une autonomie complète, accéder à une
scolarité ordinaire et même faire des études poussées.
Cependant,
les autistes ont besoin d’une éducation spécialisée, normalisée et
structurée à un âge précoce, à partir de l’âge de 3 mois à un an, si
possible. D’où l’importance du diagnostic précoce par le biais des
médecins généralistes et des pédiatres.
Le
recours systématique à ce diagnostic précoce a montré que l’autisme est
répandu dans les divers pays et touche tous les milieux, car l’autisme a
été longtemps considéré comme une maladie des riches. L’Organisation
mondiale de la santé (OMS) estime qu’il existe un autiste sur mille,
dans le monde, soit quelque 10 mille pour la Tunisie.
Aussi,
des associations pour la protection des autistes ont vu très tôt le
jour en Tunisie dont l’Association pour la protection des psychotiques
et des autistes infantiles (APPAI) fondée et présidée par Mr Slaheddine
Mzabi, en 1987.
A
cet égard, M. Mzabi a exprimé sa gratitude au Président Zine El Abidine
Ben Ali pour sa sollicitude et son soutien à la reconnaissance de
l’autisme comme un handicap, en Tunisie, depuis les années 1980. En
France, l’autisme n’a été reconnu comme handicap qu’en 1997. On le
classait auparavant comme une psychose.
L’APPAI,
installée à la Marsa, dispose de trois centres modernes spécialisés
dans la prise en charge et l’éducation des enfants psychotiques et des
enfants autistes, l’un et le plus ancien à la Marsa, le deuxième à la
Manouba et le troisième et le plus récent à Sidi Daoud, non loin de la
Marsa.
Il
existe aussi une Association pour la protection des psychotiques et des
autistes à Sfax, qui est très performante, une Association à Sousse et
une autre à Monastir.
Education manuelle et intellectuelle
M.
Mzabi a formé le vœu de regrouper toutes ces associations sous la
houlette d’un Conseil national ou d’une fédération nationale pour mieux
partager leurs expériences.
Une
soixante d’élèves autistes âgés de 3 ans à 30 ans bénéficient de la
prise en charge et de l’éducation assurées par les Centres de l’APPAI,
grâce à un personnel d’éducateurs et de formateurs spécialisés, selon
l’approche américaine appelée ‘’TEACCH’’, officiellement reconnue aux
Etats-Unis d’Amérique depuis 1972 (Treatement and Education of Autistic
and related Communication handicappel Children).
L’APPAI
entretient une étroite coopération avec plusieurs Universités et
institutions américaines et canadiennes dans ce domaine.
L’éducation
des autistes exige de grands moyens financiers, matériels et humains.
Chaque autiste constitue un cas particulier de sorte qu’il faut affecter
un éducateur ou un formateur pour chaque autiste.
L’approche
américaine, manuelle et intellectuelle à la fois, vise à développer
chez l’autiste les habiletés de travail, l’autonomie, les loisirs, les
habiletés sociales, la gestion des comportements.
L’éducation
des autistes utilise aussi la thérapie animale ou zoothérapie,
c'est-à-dire l’apprentissage à la création d’une relation de
communication avec certains animaux, de préférence le cheval et le
chien, ou encore le dauphin, l’autisme étant un trouble profond de la
communication.
La
participation et l’implication des parents sont importantes, mais
d’après M. Mzabi, cet aspect mérite un suivi particulier en Tunisie,
quoique les jeunes parents plus instruits acceptent de s’investir
davantage.
Il
a aussi mis l’accent sur la nécessité de renforcer la formation des
éducateurs et des formateurs spécialisés dans la prise en charge des
autistes, et de penser à des structures de prise en charge pour les
autistes âgés et sans soutien parental, entre autres, à travers la
création de fermes thérapeutiques à leur intention.
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